Histoire et patrimoine
La station de Royat se situe à la porte ouest de Clermont-Ferrand, à proximité du Parc Naturel des Volcans d’Auvergne. La station marque le passage de la ville à la nature, et la transition du monde urbain au monde rural.
Ville
L’origine du thermalisme à Royat remonte à la période gallo-romaine, comme en témoignent les vestiges des thermes antiques, classés Monument Historique en 1889. La source minérale des Roches, localisée sur la commune de Chamalières, représentait un lieu de culte, d’aprés les nombreux es-votos retrouvés lors de fouilles archéologiques.
L’activité thermale connaît un véritable essor au XIX è siècle, développement favorisé par la venue de Napoléon III, de l’Impératrice Eugénie et par l’arrivée du chemin de fer. C’est au cours de ce siècle que le quartier thermal est créé : l’établissement thermal de Ledru ouvre ses portes, on redécouvre la source Saint-Mart, les villas et les grands hôtels sont érigés, un casino-chalet est construit.
Pavillon Saint-Mart
Afin d’exploiter l’eau de Saint-Mart, aux propriétés carbogazeuses, ces thermes sont construits de 1903 à 1905. En 1912, l’architecte Louis Jarrier agrandit l’édifice de style néoclassique, en réalisant une galerie en encorbellement, prolongée d’une aile très étirée, au dessus de la rivière Tiretaine.
Outre son architecture intérieure fonctionnelle (buvette à cloche de verre coloré, galeries chauffées, cabines de bain avec salon de repos et baignoire carrelée), le pavillon Saint-Mart propose un somptueux décor de moulures, frises, motifs en staff et ferronnerie. La mosaïque intérieure est aussi remarquable, composée de tesselles aux couleurs miroitantes et reprenant l’iconographie aquatique de coquilles, ajoncs, et source jaillissante.
En 1937, une deuxième campagne de travaux est menée par les architectes vichyssois Antoine Chanet et Jean Liogier, afin d’assainir le bâtiment. Ils couvrent les terrasses et le pavillon d’entrée de toits à plusieurs versants.
Pour des raisons économiques, l’établissement est fermé en 1980.
Le pavillon Saint-Mart est inscrit sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 2001. Il est aujourd’hui reconverti en un espace scénographique sur le thermalisme à la Belle Epoque.
Etablissement thermal
En 1843, la municipalité met en œuvre des travaux qui permettent la mise à jour de la grande source, utilisée primairement avec la piscine, le bassin et les cabines en bois.
On décide de construire un nouvel établissement thermal à une époque où les bains sont en vogue et les installations existantes insalubres. L’architecte Agis-Léon Ledru fut chargé du projet et les travaux sont mis en œuvre de 1852 à 1856. L’intérieur présentait des installations modernes, autour de 48 cabines de bains, de salles de douche pulvérisées, de douches d’acide carbonique et de salles d’aspiration, d’une piscine… L’architecte s’est inspiré de la basilique de Constantin pour la façade, qui est composée de trois baies séparées par des colonnes ioniques surmontées de statues. Le style antique est tempéré par un rappel du roman auvergnat (baies en arkhose, grés local de couleur miel).
En 1857, on agrandit l’établissement. Le parc est aménagé avec la construction d’une buvette entourée d’une cloche de verre et de cuivre en 1913, par l’architecte Louis Jarrier. La source de la buvette est nommée Eugénie, pour rendre hommage à la célèbre impératrice qui visita la station en 1862. En 1936, cette buvette est agrémentée par un temple circulaire qui la recouvre.
L’ensemble établissement thermal et buvette Eugénie est inscrit sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1990.
Sources : base de données Mérimée du Ministère de la Culture et de la Communication ; Dossier de presse patrimoine 2007 de la Route des Villes d'Eaux du Massif Central ; Site Internet de l’Office de Tourisme de Royat ; Livret « Le Pavillon Saint-Mart » de la mairie de Royat.